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Fin de partie

mercredi 24 février 2010

Mardi 23 février, tandis que les opposants à la tyrannie technologique tenaient une vraie réunion publique à Paris avec plus de 200 personnes durant quatre heures (compte-rendu à venir prochainement), la CNDP achevait sa douloureuse tournée de pseudo-débat dans un bunker, avec quelques dizaines d’invités triés sur le volet. Un correspondant qui a assisté à l’enterrement du fiasco nous a envoyé son résumé.

Vite ! Une ASN ! Une autorité de sureté des nanos comme on sait si bien le faire dans le nucléaire !

Malgré les précautions, quelques erroristes sont parvenus à s’immiscer dans la soirée de "clôture" du débat public sur les nécrotechnologies, à la maison de la Chimie à Paris. Pour débattre une dernière fois, entre experts accrédités, cette salle de conférence de la rue St Dominique, près des Invalides, était sans doute plus propice qu’à la Villette, dans le 19ème arrondissementde Paris, comme c’était prévu auparavant. Une seule chose ne change pas, entre cette "cloture" et les "débats" précédents en province : pour repérer l’endroit de loin, facile, deux fourgons de CRS. Vigiles et contrôle des "invitations" à l’entrée... Heureusement qu’il y eut quelques "fuites" dans le dispositif.

Les rouages de la communication institutionnelle ont repris le dessus. Il y avait bien sur une conférence de presse de 30 minutes organisée à la va-vite juste avant le grand débat final. Un dossier de presse déjà écrit avec les "points saillants" du président Bergougnoux à l’intérieur, avec plein de fascicules de digestion rapide, pratique pour la fast press. Résumé : "le public, principal acteur du débat". La soirée, réservée à une centaine d’experts triés sur le volet, était webcastée jusqu’à 22h30. Pourquoi 22h30 ? A cause des faisceaux satellites ?

En guise de "réunion de cloture", on a eu droit à une conférence magistrale présidée par Jean Bergougoux. 15 intervenants : la moitié choisie parmi les "observateurs" (associations, Medef, syndicats, ...) et l’autre moitié les experts choisis parmi les ministères concernés. D’emblée, Bergougnoux a regretté, en ouvrant la séance en lisant son téléprompteur, que parmi les 7 ministères, dont la défense, commanditaires de la mascarade, il n’y ait pas eu le ministère de l’Intérieur !

Alors bien sur, les opposants aux nanos ont été abondamment cités, comme pour justifier de la pertinence d’un tel débat, CQFD. Avec ce passage aux petits oignons : "PMO dit "Participer c’est accepter". Nous nous disons, "Participer, c’est accepter de défendre ses idées"... Ne pas participer, c’est une attitude respectable, mais regrettable, car elle signifie que l’on n’a pas confiance dans la démarche démocratique qui est celle du débat public". Qui est celle du débat public... CQFD.

Ou encore : "L’opposition au débat a été dans le débat. On ne peut que regretter et condamner les actes qui ont empêché certaines réunions publiques de se tenir dans des conditions normales. Néanmoins, cette opposition fait intégralement partie du débat et il en sera rendu compte en tant que telle. La contestation ... a porté tant sur la légitimité que sur ses modalités. ... Pour la CNDP, animer ce débat relève depuis son origine d’un acte de foi dont on pourra juger de l’utilité à la lumière de l’impact qu’il aura sur les décisions d’avenir... " Diable ! Vite des décisions "éclairées" par la lueur d’espoir de la CNDP !

Sinon, on apprendra aussi le "résultat" d’un "questionnaire" sur les "questions d’éthique et de gouvernance", qui a été rempli par les participants et sur internet. C’est Jean-Pierre Chaussade, membre de la CPDP, qui a eu l’énorme mérite de résumer la chose en 10 minutes chrono. Entre autres perles, l’idée va sans doute être proposée dans le compte-rendu final attendu pour la fin avril : créer une "autorité" dédiée à la régulation des nanos. Un machin qui ressemblerait au GIEC, au niveau international. Et au niveau national, il faudrait faire comme... l’ASN. L’Autorité de sureté nucléaire !

Il n’y a eu que Alex Turk, le président de la Cnil, pour nous faire rire dans cette soirée pathétique. "En RDA, avec la STASI, au moins, ils avaient encore droit à l’insurrection. J’ai peur qu’on regrette un jour le temps de la Stasi. Il n’y a pas de droit à l’insurrection contre une surveillance microscopique."

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