J’arrive vers 19h sur les lieux où doit se tenir le "débat" prévu pour 19h30. Le comité d’accueil est grossièrement visible. Je gare mon vélo à côté d’une voiture et d’un van de police. Cela doit chercher dans les huit hommes en tenue. Devant les doubles-portes vitrées dont seule une paire n’est pas protégée par des rambardes (vigipirate oblige !) se tiennent pas moins de trois vigiles et trois flics en civil. J’aperçois un autre vigile à l’intérieur posté devant l’entrée de l’auditorium Maurice Genevoix. Visiblement la Commission Particulière du Débat Public (CPDP) craint les Raboliot !
Je remarque que les quelques personnes qui se présentent à l’entrée doivent bien évidemment ouvrir leurs sacs mais aussi, ce que je n’avais jamais vu auparavant, boire devant les vigiles une gorgée de la bouteille qu’ils ont pris soin d’emporter (craignant sans doute des monologues dessicants). Je me présente à mon tour et j’aperçois du coin de l’oeil le regard suspicieux que la fliquette en civil jette sur les gants et le bonnet que je tiens à la main alors que je passe les portes vitrées. Le hall où sont alignées au cordeau des piles de document se ressemblant tous est morne.
Je passe les tables en revue et emporte notamment une épaisse brochure de 118 pages sur papier glacé intitulée "Développement et régulation des NANO technologies". Page 48 je tombe sur le chapitre "Des apports en matière de sécurité intérieure" et je lis : "Comme toute nouvelle technologie (...) les nanotechnologies trouvent un débouché au profit des forces de sécurité intérieure". Et magie de la nanolangue, dans la suite du texte, le mot "policier", qu’on attendrait logiquement, est remplacé par celui de "fonctionnaire". En ressortant, je m’aperçois que quatre motards sont venus renforcer le contingent de "fonctionnaires" présents sur les lieux du "débat".
Ironie toponymique, le palais des conférences est situé sur la place du 6 juin 1944. Les nanos ont débarqué à Orléans, comme prévu, avec leur contingent de flics présents et à venir.