Débuté le 15 octobre, le tour de France du "débat public" sur les nanotechnologies est discrédité de toutes parts. Dès la première réunion, à Strasbourg, des opposants ont déployé une banderole pour dénoncer l’inutilité du débat. A Toulouse, une bouteille d’ammoniac a été jetée sur la scène, provoquant une interruption de séance. A Clermont-Ferrand, des intervenants ont parodié les organisateurs. Le débat a été annulé à Lille ; la moitié de l’assemblée scandait des slogans antinanos. Il n’a même pas duré une minute à Grenoble, où 200 personnes ont couvert les premiers mots d’un brouhaha incontrôlable (1).
Face à ce déferlement, la Commission nationale du débat public (CNDP) a décidé tout simplement... de ne plus confronter les "experts" à la plèbe. A Caen, les deux parties étaient séparées dans deux salles, reliées par vidéo. Et, comme à Besançon, les policiers refoulaient certains spectateurs. Ainsi on ne risque plus d’être importuné. Trop caricatural... La CNDP est revenue à l’ancienne formule, une semaine plus tard, à Metz ; tout le monde dans la même salle. Mais, dès l’étape suivante, à Rennes le 7 janvier, la supercherie a de nouveau tourné au fiasco (2). Laborieux, le "débat" doit encore affronter six villes : en janvier, Lyon (14), Marseille (19), Orsay (26) ; en février, Montpellier (9), Nantes (16) pour conclure à Paris (23). Et puis ? "Le gouvernement s’est engagé par la voix de Jean-Louis Borloo à annoncer dans les trois mois la suite qu’il donne à ce qui aura été exprimé au cours du débat."
(1) www.piecesetmaindoeuvre.com (2) www.nanomonde.org/rennes-deb...
